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Reconnaître les parents

Extrait de L'ABC de la réussite scolaire

  • Introduction
  • Comment aider un jeune à réussir à l'école?
  • Quel jeune risque de quitter l'école? Que puis-je faire pour l'encourager à poursuivre ses études?
  • Que faire, face à un jeune qui vient de quitter l'école?
  • Quelles sont les attitudes les plus adéquates?
  • Comment l'aider davantage?
  • Étapes de résolution de problèmes
  • Conclusion

Introduction

Au cours des dernières années, la question de l'abandon scolaire a défrayé abondamment les manchettes. La plupart des parents sont inquiets lorsqu'ils voient les titres suivants :

Au Canada, en 1990-1991, 32 % des élèves seraient sortis des écoles sans diplôme d'études secondaires (1).

On prévoit que 65 % des nouveaux emplois créés entre 1986 et l'an 2000 exigeront au moins 12 années d'études. La moitié de ces nouveaux emplois en nécessiteront même 17 (2).

Que faire lorsqu'une adolescente ou un adolescent en vient à vouloir quitter l'école? Comment l'aider à se situer face à son avenir? Plusieurs parents s'interrogent sur l'attitude à adopter lorsqu'ils sont confrontés à une telle situation « Je regarde mon fils et je m'interroge. Il n'a pas l'air d'aimer l'école et il emporte de moins en moins souvent de travail scolaire à la maison. J'ai peur qu'il quitte l'école. Qu'est-ce que je peux bien faire pour éviter ça? » « Ma fille vient de m'annoncer qu'elle a lâché l'école. Qu'est-ce que je peux faire? »

Le quatrième chapitre tente d'apporter des éléments de solution au difficile problème de l'abandon scolaire et s'adresse particulièrement aux parents. Bien qu'il ne prétende pas répondre à toutes les questions soulevées, nous croyons qu'il peut aider à orienter les parents vers certaines ressources.

Ce chapitre comporte trois parties. La première tente de répondre à la question : « Comment aider un jeune à réussir à l'école? » Elle s'adresse prioritairement à tout parent qui a un enfant à l'école et aborde des thèmes tels le moment des devoirs, les activités parascolaires, le travail à temps partiel. Elle peut, de ce fait, aussi servir à toute agente ou à tout agent d'éducation qui veut soutenir la démarche des parents.

La deuxième partie répond aux questions : « Quel jeune risque de quitter l'école?» et « Que faire pour l'encourager à poursuivre ses études? » On y trouve des indices qui permettent de détecter si une adolescente ou un adolescent risque d'abandonner et des suggestions pour l'encourager à persévérer.

Finalement, la troisième partie traite de la question des jeunes qui ont quitté l'école. Aucun « truc miracle » n'est cependant proposé en vue de les faire retourner en classe. Toutefois, les lectrices et les lecteurs pourront trouver des conseils importants pour éviter que la situation ne se détériore et, ainsi, pour favoriser le retour à l'école des décrocheuses et des décrocheurs.


4.1 Comment aider un jeune à réussir à l'école?

Malgré tout ce qu'on peut dire sur les relations parfois difficiles entre parents et adolescentes et adolescents, les parents sont considérés comme des personnes importantes et significatives pour les jeunes et leurs actions ont un effet positif sur leur cheminement scolaire.

Plus jeunes, les enfants ont besoin plus souvent de leurs parents. Parvenus au secondaire, ils ne peuvent plus être encadrés de la même façon qu'au cours du primaire. Ils ont acquis de l'autonomie et se prennent de plus en plus en charge. Mais cela ne signifie pas qu'on ne peut plus rien faire pour faciliter leur réussite et l'influence des parents peut se manifester de bien des façons. Les parents sont toujours responsables de leurs enfants et de ce qui leur arrive, ils ont un rôle important que nulle autre institution ne peut jouer.

On peut aider un jeune à réussir à l'école par l'intérêt qu'on lui manifeste

Une ou un élève doit étudier pour réussir, particulièrement au secondaire. Il doit revoir certaines notions, lire des textes et préparer ses examens. Les jeunes qui étudient et font leurs devoirs ont plus de chances de réussir que celles et ceux qui ne les font pas. Il est important de manifester un intérêt marqué et constant par rapport aux études et à la réussite de tout élève.

Discutez avec le jeune pour connaître son point de vue sur les études et dites-lui l'importance que vous y attachez. Amenez-le à réaliser que ses matières préférées sont le plus souvent celles qu'il comprend le mieux. Bien qu'il puisse bien réussir dans certaines matières sans étudier, il lui est nécessaire de consacrer plus de temps à celles pour lesquelles il éprouve des difficultés. Profitez de la remise du bulletin pour en parler. Informez-vous auprès de ses enseignantes et de ses enseignants. Demandez-leur s'il est à jour dans ses travaux, s'il travaille suffisamment selon eux. Discutez avec votre enfant de leurs réponses.

Plusieurs élèves ont de la difficulté à se discipliner pour faire leurs travaux scolaires. Ils ont tendance à les remettre souvent à plus tard et à les faire à la dernière minute. Pour aider votre enfant, fixez avec lui un moment pour faire les travaux scolaires à la maison. Sa concentration peut être favorisée en diminuant le volume de la télévision ou de la radio. Il peut être très stimulant d'encourager tous les enfants de la maison à faire leurs devoirs au même moment ou à consacrer cette période à la lecture.

Malgré tout ce qu'un jeune pourra dire, il ne peut pas bien faire ses travaux en écoutant la télévision. Quand il y parvient, c'est en y consacrant beaucoup plus de temps. Pour travailler, il a besoin d'un endroit calme où il peut s'asseoir et disposer ses livres et cahiers. La table de la cuisine, un bureau ou même le plancher peuvent faire l'affaire, à condition que l'endroit soit tranquille.

Certaines écoles offrent à leurs élèves la possibilité d'étudier après les heures de classe et assurent une supervision. Cette initiative est profitable à plusieurs. À l'école, ils ont accès à des livres et ils peuvent demander de l'aide à d'autres élèves. Renseignez-vous sur les possibilités offertes à votre école. Si cela n'existe pas, pourquoi ne pas en faire la demande auprès de la direction?

Il peut être difficile de contrôler les travaux que doit faire une adolescente ou un adolescent. Il doit devenir responsable de son agenda et de la planification de ses travaux. Mais rien ne vous empêche de l'accompagner dans cette planification. Note-t-il ses devoirs à faire dans un agenda ou sur des petits bouts de papier faciles à perdre? Avant de commencer, vérifie-t-il ce qu'il a à faire et les dates de remise des travaux? S'il a des difficultés à s'organiser et que vous ne pouvez l'aider, renseignez-vous pour savoir si une personne de l'école peut le soutenir dans cette démarche. Il ne faut pas tenir pour acquis le fait qu'un élève est capable de s'organiser seul ou sait comment étudier efficacement. Après tout, plusieurs adultes n'y arrivent même pas.

On peut aider un jeune à réussir à l'école en discutant avec lui

Par les propos qu'il a avec le jeune et par ses échanges avec d'autres personnes, le parent est à même de jouer un rôle dans la réussite scolaire de son enfant.

  • Tenez-vous informés. Soyez une source CRÉDIBLE d'information en vous renseignant, par exemple, sur la situation actuelle et future de l'emploi.

  • Profitez d'un film, d'une émission de télévision ou d'un événement survenu dans votre entourage pour discuter de l'importance que vous accordez à l'école.

  • Dites clairement quelle est votre position en ce qui concerne l'abandon scolaire et expliquez pourquoi. Par exemple, si un voisin vient d'abandonner, profitez-en. Ne jugez pas le voisin, mais discutez de la situation et de ses répercussions possibles.

  • Discutez avec les autres adultes qui sont importants pour le jeune (tantes et oncles, voisines et voisins, soeurs et frères, etc.). Parlez-leur de l'importance que vous accordez à l'école et dites pourquoi vous adoptez cette position. Si tous optent pour le même discours, le message sera encore plus clair pour lui.

  • Si vous avez quitté tôt l'école, dites à votre enfant quels inconvénients cela a entraînés. Si vous avez pu facilement trouver un emploi, souvenez-vous que la situation a changé et que trouver un emploi sans diplôme est plus difficile maintenant. Parlez-en.
On peut aider un jeune à réussir à l'école par les actions que l'on accomplit

Les actions parlent d'elles-mêmes et elles peuvent avoir un effet important sur la vision qu'un jeune aura de l'importance de l'école. Les questions suivantes offrent aux parents l'occasion de poser un regard critique sur leurs actes.

  • Allez-vous aux remises de bulletins, aux réunions de parents?

  • Vous informez-vous auprès de votre enfant de ce qu'il fait ou apprend à l'école?

  • L'encouragez-vous à faire ses devoirs (par exemple, en lui donnant congé de travaux ménagers la veille d'un examen pour lui laisser plus de temps pour étudier)?

  • Favorisez-vous une ambiance de travail à la maison (par exemple, en baissant le volume de la télévision ou de la radio)?
On peut aider un jeune à réussir à l'école en évitant un discours défaitiste

Que ce soit par la télévision ou par les conversations du voisinage, un jeune a sans doute entendu à maintes reprises que la situation de l'emploi est si difficile que les études n'y changent rien. C'est toutefois faux. Les enquêtes montrent que, même s'ils doivent faire face au chômage, les jeunes qui ont un diplôme en poche ont de meilleures chances de trouver un emploi que ceux qui ont abandonné leurs études. Il est important de s'interroger sur les propos que l'élève entend afin de déterminer si ceux-ci peuvent le décourager de poursuivre ses études.

  • Vous arrive-t-il souvent de déclarer que le marché du travail est inaccessible aux jeunes, même à celles et ceux qui sont diplômés?

  • Mettez-vous souvent en doute ce qui est fait par l'école (devoirs, matières enseignées, activités proposées)?

  • Dites-vous souvent que ce qu'on apprend à l'école est inutile sur le marché du travail?


4.2 Quel jeune risque de quitter l'école?
Que puis-je faire pour l'encourager à poursuivre ses études

L'abandon scolaire ne se produit pas sur un coup de tête. Il est le plus souvent la conclusion d'un long processus qui s'est parfois amorcé au cours des premières années du primaire. En observant un jeune, on peut détecter s'il risque d'abandonner l'école.

Des indices à observer

  • Le jeune éprouve-t-il des difficultés scolaires? A-t-il de mauvaises notes, des échecs ou a-t-il déjà redoublé une classe?

    Un grand nombre de jeunes qui ont quitté l'école ont déjà eu des échecs et des difficultés scolaires. Bon nombre ont redoublé une année. En fait, si un élève éprouve des difficultés depuis un certain temps, il risque de s'en fatiguer et de quitter l'école.

  • Le jeune a-t-il des difficultés de comportement? Le personnel de l'école téléphone-t-il souvent à la maison pour signaler les agissements de l'élève?

    Il se peut qu'un élève manifeste des comportements difficiles. Si oui, il est possible qu'il ait besoin d'aide pour les modifier. Il est également possible qu'il soit insatisfait de l'école. De mauvaises notes, des conflits avec des enseignantes et des enseignants ou des élèves, ou encore l'ennui peuvent expliquer ses comportements.

  • Le jeune s'absente-t-il souvent de l'école sans raison valable?

    Un grand nombre de jeunes qui ont terminé leurs études ont manqué, de temps à autre, un cours ou une journée d'école. Toutefois, si un élève s'absente souvent, il y a lieu de vous interroger. Plusieurs jeunes décrocheurs ont d'abord commencé par s'absenter fréquemment. Comme il est dit plus haut, l'abandon scolaire n'est pas une décision qui survient tout à coup. Avant de quitter l'école, le jeune s'absente de plus en plus fréquemment.

  • Le jeune a-t-il des amis à l'école?

    S'il n'a pas d'amis à l'école ou si ses amis ont eux-mêmes quitté l'école, il se peut qu'il se sente seul et isolé. Pour un très grand nombre de jeunes, les amis sont l'élément le plus important de l'école. De même, si une ou un élève participait à des activités parascolaires et qu'il a cessé de le faire, discutez avec lui de ses raisons. Il se peut qu'il commence ainsi à s'éloigner de l'école.

  • Le jeune occupe-t-il un emploi plus de quinze heures par semaine?

    Avoir un emploi à temps partiel n'est pas néfaste pour la plupart des jeunes. Cela leur permet d'acquérir des habiletés, de découvrir de nouveaux champs d'intérêt et de faire certains choix pour leur futur. Là où il y a problème, c'est lorsque le travail nuit aux études. Des recherches ont démontré que, au-delà de quinze heures de travail par semaine, il est difficile de concilier travail et études. De même, le moment où le travail s'effectue a son importance. Par exemple, travailler quinze heures la fin de semaine n'a sans doute pas les mêmes conséquences sur les études que le fait de travailler le même nombre d'heures les jours de semaine.

Que faire comme parent pour encourager son enfant à poursuivre à l'école?

Vous croyez que votre enfant risque d'abandonner? Parlez-en avec lui de façon franche. Cherchez à savoir ce qui lui cause problème et ce qu'il aime à l'école.

Il trouve l'école sans intérêt? Il n'a pas d'amis? Encouragez-le à participer aux activités de l'école. S'il éprouve des difficultés scolaires, encouragez-le à s'informer sur les mesures d'aide qui existent ou faites-le vous-même. Tenez-lui un discours réaliste sur les conséquences de l'abandon scolaire.

À la remise des bulletins, ses enseignantes et ses enseignants peuvent vous donner des renseignements utiles qui pourront vous aider à diriger votre enfant vers les ressources qui existent. De même, la direction est en mesure de vous informer. Dans plusieurs écoles, des professionnels peuvent aider votre enfant. Il peut s'agir de la conseillère d'orientation, d'une psychologue ou d'un travailleur social. Ces derniers peuvent soutenir votre enfant dans une période de sa vie où il hésite et où il a besoin d'être guidé. Leur aide est un complément à ce que vous pouvez faire. 


4.3 Que faire, face à un jeune qui vient de quitter l'école?

Je viens d'apprendre que Jean ne va pas à l'école depuis deux semaines! Je n'en reviens pas... Il m'a menti pendant tout ce temps en me faisant croire qu'il y allait!

Peut-être pas. Bien sûr, à première vue, on peut croire qu'une adolescente ou un adolescent a menti en cachant son départ de l'école. Mais était-il bien conscient qu'il avait abandonné? En effet, les jeunes qui ont quitté l'école sont formels : on n'abandonne pas sur un coup de tête; on ne se lève pas un matin en se disant : « Tiens, et si je quittais l'école? », la décision est beaucoup plus graduelle. Le jeune a sans doute commencé par manquer quelques cours, histoire de « prendre l'air ». Puis, d'une absence par-ci par-là, il en est venu à s'absenter plus souvent. À moins qu'il soit un très bon élève, ses congés ont commencé à lui causer des problèmes. Il avait plus de difficulté à suivre en classe, il ne pouvait faire tous les travaux, ce qui a dû lui occasionner quelques problèmes avec ses professeurs. Pour éviter ces situations difficiles, il est tout à fait possible qu'il se soit éclipsé de plus en plus souvent. Ce n'était plus pour quelques cours, mais pour des journées entières. Il se disait qu'il prenait quelques congés ou un peu de recul. Et ainsi de suite, jusqu'à ce jour où on apprend qu'il a quitté l'école.

Mais lui, croit-il avoir quitté? Peut-être parle-t-il de congé sabbatique? D'une année de repos? En effet, bon nombre de jeunes qui ont abandonné estiment que ce n'est que temporaire et qu'ils compléteront bientôt leurs études. Faut-il les croire? Il semble bien que plusieurs soient sincères lorsqu'ils parlent de compléter un jour leurs études. Mais, malheureusement, peu le font réellement. C'est pourquoi votre attitude peut avoir un effet important. Qui sait? Peut-être pourriez-vous favoriser son retour à l'école.


Quelles sont les attitudes les plus adéquates?

Il n'est pas possible de dire : voici LA bonne attitude, voici LA seule qu'il faut adopter. Les jeunes sont différents et ne réagissent pas toutes et tous de la même manière. Toutefois, certaines façons de faire sont plus favorables que d'autres. (Nous vous en présentons quelques-unes.)

À la suite de l'annonce par l'enfant de son départ de l'école, il est normal pour un parent d'être déçu ou en colère. On sera peut-être inquiet en ce qui concerne l'avenir du jeune. Après tout, on ne cesse de dire que, sans diplôme, l'avenir est peu reluisant. Quelle est la meilleure approche à adopter pour des parents dans de pareilles circonstances? Voici quelques points de repère.

1. Gardez le contact!

Rappelez-vous que, si vous et votre enfant ne vous parlez plus, vous ne pourrez rien faire. Si, chaque fois que vous abordez ensemble la question, vous vous fâchez, il y a de fortes chances que votre adolescente ou votre adolescent ne vous écoute pas lorsque vous lui parlerez de ce sujet.

Comme parent, vous souhaitez sans doute que votre jeune gagne en autonomie et en maturité. La première étape pour y parvenir est de discuter avec lui. Bien sûr, discuter avec un adolescent n'est pas toujours facile, surtout lorsqu'il fait des gestes que nous n'approuvons pas.

2. Favorisez la discussion

Pour ce faire, deux attitudes de base peuvent vous aider. Premièrement, écoutez-le lorsqu'il vous parle et, deuxièmement, parlez lorsqu'il vous écoute. Cela peut sembler simpliste, mais ces deux comportements ne sont pas faciles à mettre en pratique, surtout si la situation vous préoccupe beaucoup. Voici quelques façons d'y parvenir.

  • Montrez-vous intéressés.
Votre enfant commence à vous parler? Prenez le temps de vous arrêter quelques minutes, asseyez-vous et écoutez-le. Dites-vous que, même si vous êtes très occupé, ces quelques instants passés avec lui seront rentables. Si vous ne pouvez pas prendre du temps à ce moment précis, fixez avec votre enfant un autre moment où vous pourrez reprendre la conversation.
  • Laissez-le parler.
Ne l'interrompez pas, il sera toujours temps de demander des précisions. Lorsqu'il prend une pause, ne cherchez pas à le contredire. Montrez-lui que vous avez compris ce qu'il cherche à dire. Résumez ses propos, posez-lui une question pour éclaircir son point de vue. Surtout, évitez les pourquoi, ils sont souvent nuisibles à la conversation, car plusieurs jeunes se sentent alors blâmés ou jugés.
  • Ne parlez pas trop.
Le meilleur moment pour arrêter de parler est juste avant qu'il ne cesse de vous écouter. Mais il ne s'agit pas de faire comme si son abandon n'était rien. Vous êtes choqué? Déçu? Inquiet? Dites-le et dites pourquoi vous l'êtes. Votre enfant ne doit pas penser que cela vous laisse indifférent. La meilleure attitude est sans doute de dire franchement ce que vous en pensez et de le dire de la façon la plus claire possible. Vous ne vous en sentez pas capable? Écrivez-le, enregistrez-vous ou même filmez-vous.
  • Essayez de comprendre son point de vue.

Il est parfois difficile de sympathiser avec une adolescente ou un adolescent qui vit une crise. Mais essayez d'accepter ses sentiments. Acceptez qu'il se plaigne pour des choses qui vous semblent banales. Écoutez-le sans l'interrompre ou changer de sujet puis, lorsqu'il a fini, dites ce que vous en pensez. Comprendre l'autre ne veut pas dire partager son point de vue.

3. Soyez clair avec lui et avec vous

Dites-lui clairement ce que vous pensez de la situation et comment vous entrevoyez l'avenir. Comment compte-t-il employer son temps libre? Accepterez-vous qu'il demeure à la maison sans faire de recherche d'emploi? Lui demanderez-vous une participation financière? Il ne s'agit pas de faire des menaces. Vous devez être clair avec lui. Mais, avant cela, demandez-vous ce à quoi vous vous attendez vraiment. N'exigez pas quelque chose de lui si vous ne vous sentez pas prêt à revenir à la charge. Vous y perdriez énergie et crédibilité.

4. N'« abandonnez » pas

Au moment de son départ de l'école, l'adolescente ou l'adolescent vit souvent un soulagement. Il vient de quitter une situation inconfortable ou difficile et il se sent mieux. Il peut être ardu de discuter à ce moment avec lui des inconvénients associés à l'abandon. Il se sent en vacances, il est optimiste pour ce qui est des chances de trouver un emploi, il ne voit donc pas où est le problème. Toutefois, après quelque temps, il risque de devoir faire face à la réalité : il n'est pas si facile de trouver un emploi intéressant et écouter la télévision quinze heures par jour ne correspond pas à l'idée qu'il se faisait de l'avenir. C'est souvent à ce moment qu'il se montrera plus ouvert pour discuter de sa décision de quitter l'école. Vous pouvez donc en profiter pour relancer la question de ce qu'il compte faire. Toutefois, évitez de lui dire : « Je te l'avais bien dit... », vous risquez de couper toute possibilité de dialogue.


Comment l'aider davantage?

Maintenir le contact est une façon d'aider un jeune. Par la suite, on peut tenter de déterminer avec lui les motifs qui l'ont amené à quitter l'école.

1. Cherchez à savoir pourquoi

Quels sont les motifs qui l'ont conduit à quitter l'école. Est-ce un conflit avec une enseignante ou un enseignant, des problèmes avec la direction, des échecs? Il est fort probable qu'il y ait plusieurs motifs. Il est également tout à fait possible que votre enfant ait des difficultés à indiquer clairement pourquoi il a quitté l'école. C'est pourquoi on doit être attentif à ses tentatives d'exprimer ce qu'il ressent.

Pour vous aider, voici les principaux motifs d'abandon identifiés par les jeunes. Plusieurs décrocheuses et décrocheurs invoquent plus d'un motif et il est possible que ceux mentionnés par votre jeune soient différents.

Au regard des motifs liés à l'école, le jeune

  • a des difficultés scolaires (a des difficultés à comprendre, fait face à des échecs, a redoublé une année ou risque de le faire, a de faibles résultats);

  • vit des conflits avec un ou plusieurs enseignantes et enseignants;

  • est insatisfait de l'enseignement (trouve les cours difficiles ou ennuyeux);

  • a des problèmes avec la direction (suspensions, avertissements, conflits, etc.);

  • se sent seul (a peu ou n'a pas d'amis, celles-ci ou ceux-ci ont cessé d'aller à l'école ou est en conflit avec eux).
Au regard des motifs liés au travail, le jeune
  • souhaite travailler pour gagner de l'argent;

  • a des difficultés à concilier études et travail à temps partiel.
Au regard des motifs personnels, le jeune
  • a des difficultés à entrer en contact avec les autres, que ce soit les enseignantes et les enseignants ou les jeunes de son âge;

  • a un problème de consommation de drogues;

  • vit une grossesse;

  • est influencé par ses amis;

  • est affecté par une situation au sein de sa famille (conflit, maladie, séparation, décès, etc.);

  • éprouve des problèmes de santé (stress, manque de sommeil, problème d'alimentation);

  • vit une situation qui entraîne une gêne ou un malaise avec les jeunes de son âge.


    Si un jeune a moins de 16 ans

    La loi prévoit que tout enfant doit fréquenter l'école jusqu'à la fin de l'année scolaire où il atteint ses 16 ans. Par exemple, Marie aura 16 ans le 13 février. Selon la loi, elle devra être à l'école jusqu'à la fin de l'année scolaire, soit la fin de juin. Le parent doit donc faire tout son possible pour que son enfant demeure en classe. Ainsi, il doit discuter avec son enfant, ses enseignantes et ses enseignants et sa direction d'école pour voir ce qui doit être fait pour le ramener à l'école. Soumise à la même loi que les parents, l'école doit tout faire pour les aider. Il est important qu'un dialogue s'engage entre les parents et les autorités scolaires pour trouver une solution à la situation.


    Lorsque l'école invite un élève à quitter

    Le jeune a-t-il été fortement invité par la direction à aller poursuivre ses études dans le secteur des adultes? A-t-il été expulsé de l'école? Au Québec, une école ne peut suspendre une ou un élève de moins de 16 ans sans le diriger vers un autre établissement scolaire du secteur des jeunes ou sans faire un signalement au Centre de protection de l'enfance et de la jeunesse (CPEJ). Si le jeune est expulsé ou fortement invité à quitter l'école, ses parents devraient discuter avec l'école pour régler le problème; c'est leur devoir et leur droit.


2. Proposez-lui des outils de réflexion

Devant les problèmes qu'il éprouvait, le jeune a peut-être fait le geste qui lui semblait le meilleur ou le seul qui lui semblait possible. Il existe sans doute d'autres solutions. Comment l'aider à se comprendre, tout en favorisant son autonomie si précieuse à ses yeux? Une solution est de l'aider à réfléchir sur sa situation en lui suggérant une technique de résolution de problèmes en quatre étapes (encart). Sûrement, plusieurs de ces étapes vous apparaîtront familières, votre expérience vous ayant amené à les mettre en pratique. Toutefois, une adolescente ou un adolescent n'a pas cette expérience et il serait sans doute important pour lui de les connaître et même de les mettre en application avec un adulte important à ses yeux.


Étapes de résolution de problèmes

1re étape : définir quel est le problème

Avant de trouver une solution, il faut établir clairement le problème. « Je n'aime pas aller à l'école » n'est pas assez précis. « Je n'aime pas l'école parce que j'ai trop d'échecs » ou « Je n'aime pas l'école parce que je n'ai pas d'amis » sont davantage porteurs de solutions.

2e étape : une tempête d'idées

Ici, le but est de mettre sur table toutes les solutions possibles, des plus raisonnables aux plus loufoques. Il ne faut en censurer aucune. Parfois, une idée folle peut en faire surgir une autre très intéressante. Toutes les solutions doivent être écrites pour n'en oublier aucune.

Exemple : J'ai besoin de plus d'argent.

Solutions :

  1. quitter l'école pour travailler à temps plein;
  2. trouver un emploi à temps partiel;
  3. revoir mes dépenses;
  4. trouver un emploi à temps partiel plus payant;
  5. travailler à temps partiel, mais avec plus d'heures;
  6. gagner à la loterie;
  7. recevoir plus d'argent de poche de mes parents;
  8. travailler de jour et aller aux cours des adultes le soir.
3e étape : établir les avantages et les inconvénients

Pour chacune des solutions proposées, établir quels sont les avantages et les inconvénients.

Par exemple, la solution de « quitter l'école » présente l'avantage suivant : le jeune gagnera plus d'argent s'il se trouve un emploi à temps plein. Parmi les inconvénients, on note qu'il n'est pas sûr de trouver un emploi, que son salaire risque rapidement de plafonner, qu'il aura moins la possibilité de changer d'emploi puisque plusieurs emplois sont fermés aux non-diplômés. À long terme, il ne sera pas gagnant sur le plan financier.

Un conseil

À cette étape, vous pouvez être utile pour aider le jeune à déterminer les avantages et les inconvénients de chacune des solutions. Encouragez-le à en discuter avec quelqu'un; si ce n'est pas vous, ce peut être un autre adulte important à ses yeux.

4e étape : choisir une solution et la mettre en pratique

À la suite de l'évaluation, retenir une solution et l'appliquer. Se rappeler que, si à l'essai elle n'est pas satisfaisante, on peut en prendre une autre.


Conclusion

Les parents peuvent jouer un rôle sur le plan de la persévérance scolaire de leur enfant. L'intérêt qu'ils manifestent, leurs paroles et leurs actions sont autant d'occasions pour eux de lui démontrer que l'école, c'est important.

Toutefois, comme on l'a vu, d'autres facteurs entrent en ligne de compte et, malgré les efforts des parents, un jeune peut décider de quitter l'école. Encore là, les parents ont un rôle à jouer, en abordant clairement la question avec lui, en s'informant sur les ressources disponibles et en lui précisant ce qui s'offre à lui. Si un jeune est encore à l'âge de la fréquentation obligatoire, l'école doit aider ses parents dans leurs démarches et dans leurs recherches d'autres ressources.

Source : L'ABC de la réussite scolaire / Égide Royer, Sylvie Moisan, Christian Payeur, Suzanne Vincent, Québec : CEQ; Montréal : Éditions Saint-Martin, 1995, p. 125 à 143 (D10269).


(1) Statistique Canada (1993). Après l'école. Résultats d'une enquête nationale comparant les sortants de l'école aux diplômés d'études secondaires âgés de 18 à 20 ans, p. 13.
(2)
Conseil consultatif des sciences et de la technologie du Canada (1991). Apprendre pour gagner : Éducation, formation et prospérité nationale.