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27 octobre 2006
Appel lancé au gouvernement canadien Montréal, le 27 octobre 2006 – À l’instar d’une majorité de Québécoises et de Québécois qui désapprouve l’implication des troupes canadiennes en Afghanistan, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) demande au gouvernement canadien et au premier ministre M. Stephen Harper de transformer la mission des troupes canadiennes en Afghanistan pour en faire une véritable mission de paix sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Le président de la CSQ, M. Réjean Parent, lance un appel aux membres du gouvernement canadien pour qu’ils analysent objectivement la situation en Afghanistan, en mettant de côté la propagande qui vise à faire croire que le Canada est en Afghanistan pour contribuer à y instaurer stabilité et sécurité.
« Les simples faits démontrent que plutôt que d’assister à l’instauration de la stabilité et de la sécurité, c’est le contraire qui se produit, soit un accroissement inquiétant de l’instabilité et de l’insécurité avec un nombre de victimes civiles qui augmente sans cesse. Les troupes canadiennes sont donc bien loin de remplir la mission officielle qu’on prétend leur avoir confiée », explique M. Parent.
Des incongruités incontournables dans le discours officiel
Le leader syndical énumère plusieurs autres incongruités dans le discours officiel pour justifier la poursuite de l’engagement des forces canadiennes en sol afghan.
« Le Canada œuvre supposément à étendre l’autorité d’un gouvernement central élu démocratiquement. Mais on oublie de dire que l’élection de ce même gouvernement a été marquée par l’intimidation systématique et que le Parlement afghan est composé, entre autres, de représentants des seigneurs de guerre et des barons de l’opium. Nous sommes bien loin de ce qu’entend la population canadienne lorsqu’elle songe à un gouvernement démocratique », soutient le président de la CSQ.
Même énormité lorsqu’on nous dit que le Canada est en Afghanistan pour contribuer à l’avènement d’une société respectueuse des droits de la personne. « La réalité sur le terrain est bien différente. L’armée américaine et ses collaborateurs locaux y pratiquent la torture et ce sont justement nos "alliés afghans", les seigneurs de guerre, qui sont responsables du plus grand nombre de violations des droits de la personne, de même que du maintien des femmes dans un statut subordonné », rappelle M. Parent.
La réalité sur le terrain en Afghanistan
L’argument voulant que le Canada soit en Afghanistan pour participer à la reconstruction du pays et contribuer à son développement n’apparaît guère plus sérieux pour le leader syndical qui mentionne qu’il ne peut y avoir ni reconstruction ni développement qui vaillent quand c’est la guerre qui est à l’ordre du jour et que les dépenses militaires sont nettement plus élevées que cette soi-disant « aide ».
« Nous ne sommes pas dupes. Ce dont il s’agit en Afghanistan, c’est de guerre et d’occupation militaire, de contrôle et de destruction. Qu’on le reconnaisse ou non, cette guerre est menée d’abord et avant tout en fonction des intérêts économiques et stratégiques des États-Unis et de leurs alliés, dont le Canada. Ces intérêts n’ont absolument rien à voir avec le bien-être de la population afghane », déclare M. Réjean Parent.
Le président de la CSQ croit donc que notre premier devoir de solidarité envers le peuple afghan est de cesser d’être associé à cette logique de guerre qui domine l’intervention étrangère en Afghanistan. « Les troupes canadiennes devraient plutôt agir en Afghanistan comme une véritable force d’interposition sous le mandat de l’ONU, contribuant réellement à l’établissement de la paix plutôt que de continuer à être un acteur dans une guerre qui ne fait que s’enliser davantage », précise M. Parent.
Le vrai devoir du Canada à l’égard des Afghans
M. Parent ajoute que l’action humanitaire des troupes canadiennes en sol afghan doit être augmentée.
« Devant les besoins extrêmes de la société afghane, mais également devant l’insécurité et à la destruction dont le Canada est en partie responsable, nous avons également un devoir d’assistance et de réparation. Mais ce devoir doit absolument se concrétiser en dehors de la logique actuelle, dans un respect réel du droit à l’autodétermination du peuple afghan et en réponse aux demandes qu’il exprimera lui-même », de conclure le président de la CSQ.
Profil de la CSQ
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente 172 000 membres, dont plus de 120 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
Renseignements
Claude Girard
Attaché de presse CSQ
Tél. cell. : 514 237-4432
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