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12 décembre 2006
Recours au bâillon par le gouvernement Charest Montréal, le 12 décembre 2006 – « Il est extrêmement inquiétant de constater qu’un recours qui devrait être exceptionnel en démocratie est devenu pratique courante à l’Assemblée nationale au Québec, particulièrement sous le régime actuel du gouvernement Charest. L’imposition du bâillon, pour faire adopter rapidement des projets de loi impopulaires, en dit plus long sur le peu de respect qu’a ce gouvernement à l’égard de la démocratie que tous ses discours contraires. »
Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Réjean Parent, considère que la décision du gouvernement Charest de suspendre une fois de plus les règles de procédure à l’Assemblée nationale et d’imposer le bâillon pour faire adopter quatre projets de loi n’est rien de moins qu’une insulte à l’ensemble de la population québécoise.
« Parmi les quatre projets de loi qui seront adoptés suivant ce processus antidémocratique, on retrouve le fameux projet de loi 33 qui ouvre plus grande la porte au privé dans le secteur de la santé. Ce projet de loi aura des conséquences graves sur notre système public de santé risquant d’empirer une situation de pénurie d’infirmières et d’infirmiers qui est déjà très sérieuse. Malgré cela, le premier ministre, M. Jean Charest, et son ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Philippe Couillard, foncent tête baissée pour nous mener vers une véritable catastrophe sans tenir compte du fort vent d’opposition soulevé par ce projet de loi », déplore M. Parent.
Une erreur de jugement monumentale
Le président de la CSQ rappelle que, pas plus tard qu’hier, l’Enquête nationale sur le travail et la santé du personnel infirmier menée par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), révélait que les infirmières du Québec en ont plein les bras, étant trop peu nombreuses et trop occupées pour faire leur travail comme elles le voudraient.
« Avec l’adoption du projet de loi 33, MM. Charest et Couillard sont en train de commettre une erreur de jugement monumentale qui aura des conséquences très néfastes sur les conditions de travail des infirmières et des infirmiers, qui pourraient se retrouver avec une plus grande charge de travail, de même que sur la qualité des soins puisque l’on note déjà un taux anormalement élevé d’erreurs de médication chez les infirmières et les infirmiers qui sont soumis à une trop forte pression », explique M. Parent.
Un gouvernement prévenu… et d’autant plus condamnable
Le chef syndical croit que le contexte dans lequel cette erreur est commise la rend encore plus condamnable.
« MM. Charest et Couillard ne pourront pas dire qu’ils n’ont pas été prévenus. De nombreux signaux d’avertissement leur ont été envoyés lors des consultations menées sur le projet de loi 33. Malgré cela, ils ont choisi de ne pas en tenir compte et de recourir au bâillon pour imposer leur diktat de la privatisation, bafouant par le fait même démocratie et opinion publique », regrette M. Parent.
Une adoption sous le bâillon totalement inacceptable
Le président de la CSQ soutient qu’étant donné l’importance de l’enjeu que représente l’ouverture à une plus grande privatisation de notre système public de santé, l’adoption sous le bâillon du projet de loi 33 est totalement inacceptable.
« Le projet de loi 33 n’est pas une affaire à prendre à la légère. Il remet en question l’une des pierres angulaires sur lesquelles repose le Québec hérité de la révolution tranquille, soit un système de santé public de qualité, universel et gratuit pour tous les Québécois et les Québécoises peu importe leurs capacités financières. Une remise en question aussi profonde nécessiterait un vaste débat social qui n’a pas eu lieu. Le gouvernement Charest n’a jamais reçu de mandat pour débuter le démantèlement de notre réseau public de santé, mais malgré cela, il entame ce processus en ignorant totalement les règles de base de la démocratie », conclut le président de la CSQ, M. Réjean Parent.
Profil de la CSQ
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente près de 172 000 membres, dont plus de 120 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
Renseignements
Claude Girard
Attaché de presse CSQ
Tél. cell. : 514 237-4432
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