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18 décembre 2006
Une Politique d’égalité pour les femmes à un bon moment… pour le gouvernement Montréal, le 18 décembre 2006 – Constatant à la fois le moment pré-électoral choisi par le gouvernement Charest pour dévoiler sa politique en matière d’égalité pour les femmes et les moyens financiers modestes qui l’accompagnent, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), tout en accueillant positivement cette annonce, entend suivre de près l’application des 63 actions prévues pour s’assurer que les femmes ne devront pas attendre encore 30 ans avant de vivre enfin une véritable égalité de fait.
La 1re vice-présidente de la CSQ, Mme Louise Chabot, exprime une réaction partagée au dévoilement hier par la ministre de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine, Mme Carole Théberge, de la politique gouvernementale intitulé Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait.
« Dans un premier temps, nous nous réjouissons de la décision de maintenir les rôles et mandats du Secrétariat à la condition féminine et du Conseil du statut de la femme. La survie de ces organismes essentiels était menacée et nous nous sommes battus aux côtés des groupes de femmes pour empêcher un tel scénario. Leur disparition ou même leur affaiblissement auraient représenté un recul important pour la défense du droit à l’égalité des femmes », soutient Mme Chabot.
Le bon diagnostic… déjà posé depuis 25 ans
D’autre part, la porte-parole de la CSQ reconnaît le bien-fondé des six grandes orientations définies par le gouvernement pour combattre les inégalités envers les femmes.
« Le gouvernement fait la bonne lecture de ce qui doit être réalisé pour éliminer les inégalités persistantes touchant les femmes et promouvoir des rapports égalitaires. Mais en même temps, force est de constater qu’il n’était pas bien difficile de poser le bon diagnostic puisque, comme l’écrivait ce matin l’ex-ministre péquiste Mme Lise Payette, elle a elle-même rendu publique une politique semblable il y a de cela… 25 ans. J’espère que les femmes n’auront donc pas à attendre encore aussi longtemps pour constater que la situation n’a guère évolué », prévient Mme Louise Chabot.
Des moyens qui paraissent limités
Dans ce contexte, la 1re vice-présidente de la CSQ est inquiète devant les moyens limités annoncés par la ministre, Mme Carole Théberge, pour concrétiser les actions incluses dans sa politique.
« Dans les secteurs de la santé, des services sociaux et de l’éducation, il en a coûté 4,3 milliards de dollars au gouvernement pour corriger les discriminations dont les femmes étaient victimes. Dans ce cas-ci, la ministre prévoit investir 24 millions de dollars sur trois ans pour réaliser les 63 actions prévues afin d’atteindre l’égalité de fait entre les femmes et les hommes, soit 8 millions de dollars par année. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça ne fait pas cher de la mesure », déplore Mme Chabot.
Des travailleuses qui demeurent prudentes
La porte-parole syndicale explique donc que si les femmes ne veulent pas que cette politique demeure un ramassis de belles intentions et de vœux pieux, elles devront suivre de très près son application.
« La défense du droit à l’égalité des femmes est toujours un discours à la mode à l’approche d’une campagne électorale, mais les femmes exigent beaucoup plus que cela. Il n’est donc pas question pour les femmes de la CSQ, des milliers de travailleuses du secteur public qui ont été déçues plus souvent qu’à leur tour depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Charest, d’encenser aveuglément la nouvelle politique de Mme Théberge. Nous saluons effectivement les grandes orientations puisqu’elles rejoignent celles de notre centrale syndicale et nous allons maintenant demeurer extrêmement vigilantes pour voir les moyens qui suivront », met en garde Mme Chabot.
Une volonté partagée de lutter contre l’hypersexualisation
Parmi les orientations annoncées, Mme Chabot tient à souligner que la volonté gouvernementale de favoriser une socialisation non stéréotypée des jeunes rejoint parfaitement la priorité exprimée par les membres de la CSQ lors de leur congrès triennal en juin dernier de lutter contre l’hypersexualisation.
« Il est clair que l’atteinte d’un objectif aussi louable ne peut pas se faire par de simples campagnes d’information et de sensibilisation. Il faut également intervenir à l’école dans les programmes éducatifs si l’on veut vraiment changer notre société en profondeur et en arriver un jour à une réelle égalité », précise Mme Chabot.
La façon d’améliorer les soins de santé pour les femmes
De même, l’intention gouvernementale d’adapter les soins de santé aux spécificités des femmes fait réagir.
« Si l’on veut atteindre cet objectif, il faudra tout d’abord commencer par prendre les moyens pour améliorer l’état de notre service public de santé puisque ce sont principalement des femmes qui y œuvrent, et ce, dans des conditions qui se sont grandement détériorées au cours des dernières années », remarque Mme Chabot.
En terminant, la 1re vice-présidente de la CSQ rappelle que les travailleuses sont toujours dans l’attente d’une véritable politique de conciliation famille-travail qui contribuerait à améliorer les conditions de travail et de vie des femmes du Québec.
Profil de la CSQ
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente près de 172 000 membres, dont plus de 120 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
Renseignements :
Claude Girard
Attaché de presse CSQ
Tél. cell. : 514 237-4432
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