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15 mai 2008
Plusieurs mesures soumises par les organisations syndicales
Le SIISNEQ, la FSQ et la CSQ pressent Philippe Couillard d’agir pour contrer la pénurie de personnel infirmier
Saguenay, le 15 mai 2008. – « Les syndicats ont soumis, depuis le mois de septembre dernier, plusieurs propositions concrètes au ministre de la Santé et des Services sociaux pour contrer la pénurie du personnel de soins infirmiers. La réponse de Philippe Couillard est attendue depuis le 31 mars et nous croyons qu’il est plus que temps qu’il fasse connaître son plan, parce que plus il tarde et plus il devra trouver des mesures attrayantes pour renverser la vapeur. »
 
Profitant de la tenue de l’Assemblée régionale du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ-CSQ), qui se déroulait à Saguenay, les présidentes du SIISNEQ-CSQ, Mme Nathalie Savard et de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), Mme Monique Bélanger, ainsi que la vice-présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Mme Louise Chabot, ont lancé un appel commun au ministre Philippe Couillard afin qu’il hâte sa réflexion dans le dossier de la pénurie du personnel de soins infirmiers.
 
Dans un premier temps, la présidente du SIISNEQ-CSQ, Mme Nathalie Savard, a expliqué que même si la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est pas officiellement reconnue comme étant en pénurie, alors que c’est le cas du Nord-du-Québec et de la Côte-Nord, il n’en demeure pas moins que ces trois régions ont de sérieux problèmes d’attraction et de rétention des travailleuses et des travailleurs de la santé.

Des régions laissées à elles-mêmes

La présidente du SIISNEQ-CSQ soutient d’ailleurs que les différents acteurs de la santé dans les régions du Saguenay-Lac-Saint-Jean, du Nord-du-Québec et de la Côte-Nord se sentent quelque peu laissés à eux-mêmes pour faire face à leurs problématiques.
« Tout se passe comme si le ministère de la Santé et des Services sociaux ne se préoccupait que de Montréal et des grands centres, oubliant les régions dites éloignées comme les nôtres. Des mesures spécifiques sont adoptées pour les hôpitaux des grands centres, alors qu’ici nous devons nous débrouiller nous-mêmes avec nos problèmes. En fait, le ministère n’a rien de concret sur la table pour aider des régions comme les nôtres à retenir ou à attirer du personnel en soins infirmiers », déplore Mme Nathalie Savard.

Un même traitement pour toutes et tous
 
Mme Savard croit donc que cela presse que le ministre adopte des mesures plus généralisées, applicables à l’ensemble des établissements de santé.
 
« En attendant, les différents acteurs en santé des régions ont décidé de se concerter pour élaborer leurs propres mesures afin de régler leurs problèmes de personnel. Une rencontre est d’ailleurs prévue demain à Saguenay, à l’invitation de l’Agence de santé et de services sociaux, qui réunira les syndicats, les employeurs, de même que les représentants des collèges et de l’Université du Québec à Chicoutimi, afin de voir quels sont les meilleurs moyens à prendre pour contrer toute pénurie de personnel de soins infirmiers et mieux planifier la main-d’œuvre. De telles discussions ont également cours dans le Nord-du-Québec et sur la Côte-Nord », explique Mme Savard.

Une longue série de mesures proposées

Pour sa part, la présidente de la FSQ-CSQ, Mme Monique Bélanger, rappelle qu’au niveau national, les organisations syndicales participent depuis le mois de septembre dernier à une table de concertation où sont également présents les représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux, de même que des Agences de santé et de services sociaux.
« Une longue série de moyens concrets a été soumise par les organisations syndicales afin de pouvoir enrayer la pénurie actuelle. Il s’agit de mesures plus structurantes à court, moyen et long terme pour apporter des solutions durables à la situation actuelle et qui valent certainement mieux que des mesures ponctuelles, comme celles actuellement mises de l’avant qui ne règlent pas vraiment les problèmes », soutient Mme Bélanger.

Nécessité d’une volonté politique
 
La présidente de la FSQ-CSQ rappelle que Philippe Couillard a en mains ces propositions et qu’il n’en tient qu’à lui de passer aux actes.
 
« Ce n’est pas suffisant d’avoir des solutions, s’il n’y a pas de volonté politique pour les appliquer. Les organisations syndicales, dont la FSQ-CSQ, sont convaincues que les moyens proposés, s’ils sont mis en application, contribueront à réduire la pénurie en cours. Une chose est certaine, si le ministre de la Santé ne passe pas rapidement aux actes, il n’aura pas à regarder bien loin pour trouver un responsable, si la situation continue à se dégrader dans les hôpitaux », prévient Mme Monique Bélanger.
 
Mme Bélanger soutient que les moyens proposés sont nombreux et visent une meilleure réorganisation du travail, une révision des actes permis par les médecins, les infirmières et infirmiers ainsi que les infirmières et infirmiers auxiliaires, la modernisation de certains équipements, le versement de primes pour compenser certains inconvénients, le versement de primes de rétention et d’attraction à la grandeur du Québec, un programme de mentorat entre les plus expérimentés et la relève, etc.

Des recommandations inquiétantes du rapport Castonguay
 
Pour sa part, la vice-présidente de la CSQ, Mme Louise Chabot, a profité de l’occasion pour faire un suivi du rapport Castonguay et souligner certaines propositions qui inquiètent les travailleuses et les travailleurs de la santé.
 
« Le Groupe de travail Castonguay propose de diminuer le nombre d’agences régionales de santé et de services sociaux et de changer leur vocation pour en faire de simples acheteurs de services auprès des fournisseurs de soins et de services, tant privés que publics. Cette proposition est inquiétante sur le plan démocratique puisque l’on remplacerait les conseils d’administration composés d’élus représentants les usagers et le personnel par des gestionnaires selon le modèle des conseils d’administration dans le secteur privé », dénonce Mme Chabot.
 
L’économie avant la qualité
 
Mme Chabot ajoute que cette proposition soulève une seconde menace qui touche cette fois-ci la garantie de services de qualité à laquelle la population a droit.
 
« En se comportant comme de simples acheteurs de services, ces nouvelles agences feraient des appels d’offre et choisiraient la meilleure offre de services en considérant avant tout le meilleur coût alors que la qualité deviendrait secondaire. Et puisque nos établissements de santé se retrouveront tous dans un mode de concurrence, tous chercheront à dispenser les services au meilleur coût possible au détriment de la qualité », craint la vice-présidente de la FSQ-CSQ, Mme Louise Chabot.

Une démarche douteuse
 
En terminant, Mme Chabot met également en doute le sérieux de la démarche proposée pour que dès 2008-2009, il soit permis à trois régions pilotes, dont le Saguenay-Lac-Saint-Jean, de même que l’Estrie et la Capitale-Nationale, de gérer la prestation des services sur leur territoire sur le mode d’achat de services.
 
« Le ministre va s’inspirer d’expériences menées dans des régions comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean et l’Estrie où la concurrence offerte par des entreprises privées en santé est peu présente. Il est donc évident que les résultats qui sortiront d’une plus grande autonomie accordée à ces régions ne refléteront pas nécessairement ce qui pourra se passer à l’avenir dans de plus grandes régions urbaines comme Montréal et sa périphérie. Des régions où la présence du privé est toute autre », conclut la vice-présidente de la CSQ, Mme Louise Chabot.
 
 
Renseignements : Claude Girard
Agent d’information CSQ
Tél. cell. : 514 237-4432
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