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26 juin 2008
Avis du Conseil supérieur de la langue française
Il faut doter le Québec d’une structure nationale en matière de francisation
Montréal, le 26 juin 2008. – Au lendemain de la Fête nationale du Québec et en cette année internationale des langues, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) tient à souligner l’apport significatif du Conseil supérieur de la langue française à l’amélioration de notre langue ainsi que la qualité des recommandations soumises dans son avis intitulé, Le français, langue de cohésion sociale. « Nous souscrivons à la nécessité d’une plus grande cohérence dans les interventions gouvernementales au sujet de la langue française et nous sommes d’accord avec la recommandation du Conseil qui vise à doter le Québec d’une structure administrative nationale de coordination de l’action ministérielle et de celle des organismes publics. Il est temps que le Québec cesse d’adopter des mesures et des programmes dont il est difficile de tracer les lignes directrices en matière de francisation et aussi d’accueil et d’intégration », affirme le président de la CSQ, Réjean Parent.
 
La CSQ souscrit aux deux principes fondamentaux de cet avis qui donne une direction claire à l’action gouvernementale. En effet, le Conseil souligne avec justesse que l’offre de francisation doit être globale et que les moyens et les actions doivent être conçus et appliqués de manière concertée.
 
L’école, creuset de la cohésion sociale
 
Pour la Centrale, le Conseil ouvre la voie à une piste de travail qui mérite d’être soutenue, à savoir l’école comme creuset de la cohésion sociale et ouverte sur sa communauté, car elle est porteuse de progrès. Cela rejoint les orientations de la CSQ incluses dans sa Déclaration de principes sur l’éducation, car par sa vocation, l’école québécoise ne doit pas seulement instruire, mais aussi socialiser.
 
De ce fait, la Centrale accueille très positivement l’approche du Conseil à l’effet d’encourager les écoles à développer des projets dans le but de permettre aux femmes immigrantes de sortir de leur isolement et de se familiariser avec la société québécoise. « Plusieurs d’entre elles sont appelées à fréquenter l’école pour assurer un suivi à la scolarisation de leur enfant. L’école devient donc ainsi un lieu privilégié d’interaction avec la société québécoise non négligeable », ajoute Réjean Parent.
 
La CSQ accueille favorablement l’attention portée par le Conseil, non seulement à l’apprentissage de la langue française, mais aussi au rattrapage scolaire nécessaire chez une fraction des élèves immigrants allophones ainsi qu’aux besoins particuliers des jeunes immigrants francophones dans le but d’éviter le décrochage possible de ces jeunes. En conséquence, la CSQ appuie la recommandation d’adapter les classes d’accueil à la nouvelle réalité de l’immigration et souhaite que le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) accorde une allocation particulière aux commissions scolaires afin de combler les besoins de ces deux clientèles.
 
La CSQ se réjouit aussi du fait que le Conseil estime qu’il faut arriver à faire en sorte que tous les programmes de francisation aient lieu à l’école. « Nous souhaitons que le gouvernement donne suite à cette proposition et mette en œuvre le plus rapidement possible les mécanismes permettant l’harmonisation des cours offerts entre le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) et le MELS », selon Réjean Parent.
 
Le monde du travail
 
Au cours des derniers mois, plusieurs personnes ont discuté de l’usage du français dans les PME. La plupart des commentaires reposaient sur des impressions ou des informations glanées ici ou là. Le Conseil reconnaît qu’il est impossible de tracer le portrait réel de la situation actuelle et recommande donc une étude exhaustive sur les entreprises de 50 employés et moins. « Nous appuyons fortement cette recommandation parce qu’il faut mettre un terme aux spéculations », ajoute le représentant syndical.
 
Dans l’intervalle, la Centrale est favorable à l’orientation visant l’application systématique des dispositions déjà existantes de la Charte pour assurer l’usage du français dans les entreprises de moins de 50 employés. Plus encore, la CSQ est heureuse de la recommandation d’assujettir de nouveau aux dispositions de la loi 90, favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre, les entreprises dont la masse salariale est supérieure à 250 000 $.
 
« Pour la CSQ, il faut plus qu’une formation liée à l’employabilité des personnes sur le marché du travail. Les personnes immigrantes doivent pouvoir compter sur une formation qualifiante et susceptible de leur permettre de mieux s’intégrer à la société québécoise ». C’est pourquoi la CSQ est d’accord pour qu’Emploi-Québec, de concert avec la Commission des partenaires du marché du travail, inclue dans ses priorités la francisation qualifiante des personnes immigrantes.
 
Lors de son dernier Conseil général, la CSQ s’est dotée d’un cadre stratégique d’intervention sur le français et nous sommes heureux de constater que l’avis rejoint plusieurs de nos préoccupations. « Nous demandons au gouvernement de faire siennes les recommandations formulées par le Conseil supérieur de la langue française et d’annoncer dans les meilleurs délais quelles sont les suites prévues par la ministre Christine St-Pierre, responsable de la Charte de la langue française », conclut Réjean Parent.
 
 
 
La CSQ représente quelque 160 000 membres, dont plus de 100 000 dans le secteur public. Elle est l’organisation syndicale la plus importante en éducation au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
 
 
Renseignements :Marjolaine Perreault
Attachée de presse CSQ
Cell. : 514 235-5082
perreault.marjolaine@csq.qc.net
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