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16 novembre 2008
Prochain gourvenement à Québec
Les professionnels des écoles et des cégeps exigent des engagements fermes des chefs politiques
Montréal, le 16 novembre 2008. – « La situation économique actuelle ne doit pas devenir un prétexte pour le prochain gouvernement afin de ne pas investir les montants nécessaires pour revaloriser les emplois des professionnels dans les écoles et dans les cégeps. Une telle attitude aurait des conséquences sérieuses sur la réussite d’un grand nombre de jeunes, et nous interpellons donc les chefs des partis politiques, engagés dans la présente campagne électorale, pour qu’ils nous fassent clairement part de leurs intentions. »
 
La vice-présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Mme Diane Charlebois, et les présidents de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec
(FPPE-CSQ), M. Jean Falardeau, et de la Fédération du personnel professionnel des collèges
(FPPC-CSQ), M. Bernard Bérubé, profitent de la tenue de la Semaine des professionnelles et professionnels de l’éducation pour rappeler leurs principales revendications et exiger des engagements fermes des chefs politiques.
 
Mme Charlebois et MM. Falardeau et Bérubé ont participé à une conférence de presse aujourd’hui à Montréal à l’occasion de la Semaine des professionnelles et professionnels de l’éducation, qui se déroule du 17 au 21 novembre 2008, sous le thème « Notre contribution à l’éducation, notre fierté ».
 
Des ressources insuffisantes pour des besoins qui augmentent
 
« Peu importe le parti politique qui sera élu le 8 décembre prochain, les professionnelles et professionnels de l’éducation ne veulent pas faire les frais de la situation économique actuelle. Il est déjà difficile de retenir certaines catégories de professionnels ou d’attirer une relève du fait que les conditions de travail se sont détériorées au cours des dernières années, il ne faudrait pas que la situation s’aggrave. Surtout que les besoins d’aide et d’accompagnement ont augmenté chez les jeunes fréquentant tant les écoles que les cégeps », explique la vice-présidente de la CSQ, Mme Diane Charlebois.
 
Mme Charlebois rappelle que les trois dernières années de gel salarial et l’alourdissement des tâches des professionnelles et professionnels de l’éducation ont eu pour effet de rendre les réseaux de l’éducation peu attrayants pour y faire carrière.
 
Des promesses non tenues
 
Pour sa part, le président de la FPPE-CSQ, M. Jean Falardeau, considère insensé qu’alors qu’on retrouve 16 % d’élèves handicapés et en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) dans les écoles publiques du Québec, les services professionnels directs aux élèves n’ont droit qu’à 2,9 % du budget global des commissions scolaires.
 
« Les professionnelles et professionnels, de même que les enseignantes et les enseignants, sont essoufflés dans les écoles parce qu’ils font face à un manque de ressources constant pour accompagner les élèves. On a augmenté le rythme d’intégration des EHDAA dans les classes régulières sans hausser en conséquence le nombre de professionnels, malgré certaines promesses faites en ce sens », déplore M. Falardeau.
 
Des millions de dollars utilisés à d’autres fins
 
Le président de la FPPE-CSQ précise que 35 millions de dollars de plus ont été versés aux commissions scolaires au cours des années 2004-2005 à 2006-2007 pour l’ajout de ressources, mais la réalité a été bien différente de ce qui avait été prévu.
 
« Au départ, ce montant devait servir à l’embauche de 700 professionnels de plus pour les EHDAA, selon le scénario prévu. Mais dans les faits, seulement 10 millions et demi de dollars ont été utilisés à cet effet, alors que les 24 millions et demi de dollars restants ont été utilisés à d’autres fins. Ce qui fait que seulement 209 postes de professionnels à temps plein ont pu être créés dans les 69 commissions scolaires, ce qui était nettement insuffisant pour combler les besoins », dénonce M. Jean Falardeau.
 
Des économies de plus d’un milliard de dollars pour le gouvernement
 
M. Falardeau rappelle également que le décrochage scolaire entraîne des pertes financières majeures pour le gouvernement.
 
« Outre le fait qu’il hypothèque sérieusement l’avenir d’un jeune, le décrochage scolaire représente un coût économique et social énorme pour le Québec. Récemment, l’économiste Pierre Fortin évaluait ce coût à 1,2 milliard de dollars par année. Un investissement de quelques dizaines de millions de dollars pour réduire le taux de décrochage scolaire ferait économiser en retour des centaines de millions de dollars au gouvernement », explique M. Jean Falardeau.
 
Des études collégiales plus accessibles… sans ressources supplémentaires
 
De son côté, le président de la FPPC-CSQ, M. Bernard Bérubé, reconnaît que le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport a accordé des budgets supplémentaires aux cégeps cette année pour procéder à l’ajout de personnel professionnel, mais la situation demeure encore problématique.
 
« En même temps qu’on ajoute des ressources, on ouvre encore plus grande la porte à l’admission d’étudiants sans diplôme d’études secondaires (DES) ou avec des limitations fonctionnelles. En fait, on ne compte pas moins de 500 élèves sans DES qui ont été admis dans le réseau des cégeps à travers la province », déplore M. Bérubé.
 
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
 
Le président de la FPPC-CSQ ajoute qu’on note également une augmentation marquée du nombre d’étudiants avec des limitations fonctionnelles.
 
« On évalue actuellement que près de 1 900 étudiants avaient besoin de recevoir une aide particulière dès l’entrée. Pour l’ensemble du réseau des cégeps, on retrouvait plus de 700 étudiants handicapés et plus de 600 avec des troubles d’apprentissage et des troubles de santé mentale. Au cours de la dernière année, on a enregistré au moins 20 000 consultations dans les services psychosociaux et de santé. C’est donc dire l’ampleur des besoins. De plus, les étudiants à la Formation continue n’ont pas accès, ou que difficilement, aux services d’aide », fait remarquer M. Bérubé.
 
Cette ouverture repose sur un principe bien louable, soit de rendre les études collégiales plus accessibles, mais si les ressources ne sont pas là pour concrétiser le principe, alors on risque d’obtenir l’effet contraire à celui recherché », prévient M. Bérubé.
 
Une embauche faussée
 
Le président de la FPPC-CSQ regrette que les cégeps tardent à embaucher les ressources professionnelles supplémentaires nécessaires.
 
« Il y a une certaine forme de simulacre actuellement dans plusieurs cégeps où, plutôt que d’embaucher des orthopédagogues sous leur titre, on préfère engager ces professionnels sous d’autres titres comme conseiller en adaptation scolaire, conseiller pédagogique ou même conseiller à la vie étudiante, tout en leur confiant des tâches d’orthopédagogue. C’est à n’y rien comprendre», s’exclame M. Bernard Bérubé.
 
Des réponses attendues des chefs des partis politiques
 
La vice-présidente de la CSQ, Mme Diane Charlebois et les présidents de la de la FPPE-CSQ, M. Jean Falardeau, et de la FPPC-CSQ, M. Bernard Bérubé, demandent donc aux chefs des partis politiques impliqués dans la présente campagne électorale de faire connaître, avant le jour du scrutin, leurs intentions pour contrer le manque de ressources professionnelles dans les écoles et les cégeps.
 
Profil de la CSQ et de la FPPC
 
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente quelque 155 000 membres, dont plus de 100 000 dans le secteur public, la grande majorité dans le secteur de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications. La Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) représente la majorité des professionnelles et professionnels de cégeps du Québec. Elle compte plus de 1000 membres répartis dans 34 collèges. Elle regroupe exclusivement des professionnelles et professionnels de cégeps.
 
Profil de la FPPE
 
La Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ) représente 21 syndicats regroupant 5 500 membres répartis dans la quasi-totalité des commissions scolaires du Québec, francophones, anglophones, Crie et Kativik. Elle compte, parmi ses membres, différentes catégories de personnel, dans les secteurs administratif, pédagogique et les services directs aux élèves.
 
Renseignements :
Marjolaine Perreault
Attachée de presse, Centrale des syndicats du Québec
Tél. : 514 235-5082
 
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