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18 décembre 2008
Nomination du Conseil des ministres Montréal, le 18 décembre 2008. – « Nous nous attendons du gouvernement qu’il soit à l’écoute des intervenantes et des intervenants des réseaux concernés et qu’il prenne en considération nos propositions et nos préoccupations. De plus, nous souhaitons qu'il puisse redonner un souffle nouveau dans la poursuite de plusieurs dossiers mal engagés, notamment, celui des élèves en difficulté d’apprentissage et celui de la privatisation du secteur de la santé », affirme le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, en réaction à la nomination du nouveau Conseil des ministres.
Michelle Courchesne, enfin un peu de stabilité en éducation
La CSQ salue la nomination de Michelle Courchesne à titre de ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, car cela assure une stabilité et une continuité à ce ministère qui vit trop souvent au rythme des ministres qui passent. « Nous apprécions que sa tâche soit allégée puisque beaucoup de travail reste à faire. Nous espérons toutefois pouvoir constater bientôt les réalisations des nombreux plans annoncés durant son dernier mandat. Mme Courchesne a beaucoup semé, mais nous ne sommes pas en mesure d’en constater les effets. Nous jugerons donc l’arbre à ses fruits », ajoute le président de la CSQ.
De plus, la ministre de l’Éducation aura fort à faire puisqu'elle devra s'attaquer à la chute dramatique du taux de diplomation, à la pauvreté qui ne cesse de gagner du terrain et qui a des répercussions importantes sur la réussite scolaire et sur les apprentissages des Québécoises et des Québécois.
« Nous sommes très heureux de pouvoir poursuivre avec elle certains dossiers déjà engagés, notamment ceux du décrochage scolaire, des EHDAA, de la violence à l’école, de la qualité du français, des bibliothèques scolaires, de la gouvernance dans les différents réseaux de l’éducation, de l’aide aux étudiants et du financement des études postsecondaires. »
Yves Bolduc, un ministre sous surveillance
Lorsque l’on constate les faits d’arme peu reluisants laissés par l’ancien ministre Philippe Couillard, il y a de quoi être extrêmement inquiet dans le secteur de la santé et des services sociaux. Le nouveau ministre Yves Bolduc aura fort à faire pour nous convaincre de la réelle préoccupation de son gouvernement pour notre système de santé public. Dans ce contexte, il ne faudrait pas que les belles intentions manifestées par Jean Charest lors de la campagne électorale soient détournées au profit des lobbyistes, comme l’ex-ministre Couillard, en faveur de ses nouveaux partenaires du privé », prévient M. Parent.
Monique Gagnon-Tremblay : une ministre qui doit démontrer sa bonne foi
La dernière négociation a laissé un goût amer aux salariés des secteurs public et parapublic. En plus, ils ont dû subir l’affront de se faire imposer leurs conditions de travail. Le gouvernement a été sévèrement blâmé par le Bureau international du Travail et par la Cour supérieure. « En prévision de la prochaine négociation, la nouvelle ministre pourrait partir du bon pied en faisant retirer la loi 43 qui impose nos conditions de travail », affirme Réjean Parent.
La CSQ demande à la nouvelle ministre de faire preuve de plus de transparence que sa prédécesseure. Cette dernière disait ne pas avoir d’argent pour les employés de l’État « dans sa sacoche », alors qu’elle n’a pas hésité à faire pleuvoir les millions par la suite afin de redorer le blason de son gouvernement en prévision de la campagne électorale.
Avec le jugement qui a rendu inconstitutionnelle la loi 8, interdisant le droit à la syndicalisation des responsables de services de garde en milieu familial, la présidente du Conseil du Trésor aura un défi extrêmement important à réaliser au cours des prochains mois en collaboration avec le nouveau ministre de la Famille, Tony Tomassi. « Nous nous attendons à ce qu’ils fassent preuve d’ouverture dans cette négociation, car nous considérons que ces femmes ont déjà largement subi les effets des mauvaises décisions gouvernementales. Il est temps de rétablir leurs droits », ajoute le président de la CSQ.
Crise économique
Le président de la CSQ entend également s’assurer que la crise économique ne servira pas de prétexte au gouvernement Charest pour reporter à plus tard la réalisation de ses engagements en matière d’éducation et de santé.
« Jean Charest a reconnu l’urgence d’agir au cours de la campagne électorale, tout en sachant très bien à ce moment-là que la situation économique à venir ne serait pas facile. Les travailleuses et les travailleurs du secteur public sont donc en droit de s’attendre à ce qu’il tienne ses engagements et nous ne manquerons pas de le lui rappeler », conclut M. Parent.
Profil de la CSQ La CSQ représente quelque 160 000 membres, dont plus de 100 000 dans le secteur public. Elle est l’organisation syndicale la plus importante en éducation au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
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