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17 juin 2009
Projet de loi 44 sur la gouvernance des cégeps Montréal, le 17 juin 2009. – La Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), accueille très froidement le projet de loi 44 déposé hier à l’Assemblée nationale par la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, et qui vise à modifier la Loi sur les collèges d’enseignement général et professionnel en matière de gouvernance.
De mauvais augure pour les prochaines négociations
Le président de la FPPC-CSQ, M. Bernard Bérubé, dénonce particulièrement le fait que le projet de loi 44, s’il était adopté tel que présenté, éliminerait pratiquement la présence du personnel professionnel au sein des conseils d’administration des collèges. Ainsi, le personnel professionnel ne pourrait plus faire bénéficier les autres membres des CA de leur expertise et de leur grande connaissance des dimensions pédagogiques des collèges. Une orientation que le leader syndical n’hésite pas à qualifier de « sérieux égarement » de la ministre de l’Éducation qui arrive à un très mauvais moment.
« C’est clair que cette position de la ministre Michelle Courchesne augure très mal pour les prochaines négociations et envoie un message fort négatif au personnel professionnel qui œuvre dans l’ensemble des collèges au Québec. D’autant plus qu’à la FPPC-CSQ, après consultation auprès de nos membres, nous avons décidé de faire de la valorisation et de la reconnaissance du personnel professionnel un enjeu majeur lors de la prochaine négociation », explique M. Bernard Bérubé.
Une façon curieuse de combattre le laxisme
M. Bérubé ajoute que cette décision de la ministre ne rehaussera certainement pas sa crédibilité auprès du personnel professionnel, puisque les orientations qu’elle prend dans le projet de loi 44 vont à l’encontre même des recommandations faites par le Vérificateur général.
« Dans son rapport publié l’automne dernier, particulièrement dans le chapitre consacré aux collèges, le Vérificateur général écrit clairement que le ministère de l’Éducation est complice du laxisme qui existe dans les relations d’affaires entre les cégeps et leurs partenaires. Il faut croire que Michelle Courchesne ne sait pas lire puisqu’elle s’apprête à réduire la place des administrateurs internes au sein des conseils d’administration des cégeps pour augmenter celle des administrateurs externes. Le moins que l’on puisse dire est que la ministre a une façon bien personnelle et curieuse de combattre le laxisme au sein de son ministère », commente le président de la FPPC-CSQ.
Une rupture avec l’histoire
M. Bernard Bérubé tient donc à rappeler l’importance de maintenir une véritable gouvernance collégiale au sein des cégeps, dans l’esprit de ce qui a été voulu au moment de la création de ces institutions.
« Le concept de collégialité sous-tend même la raison de l’existence des collèges. Il faut se souvenir que lors de la création des cégeps, la société québécoise souhaitait se doter d’institutions qui devaient faire place à une gestion participative. Aujourd’hui, la ministre de l’Éducation va à l’encontre de cette volonté historique en réduisant de façon significative cette gouvernance collégiale. Elle rompt donc avec un mode de gestion participative exercé depuis la création des cégeps, mais sans faire la preuve que cette façon de faire était devenue déficiente », dénonce le président de la FPPC-CSQ.
Une ministre « autocratique »
M. Bernard Bérubé termine en déplorant cette « attitude autocratique de la ministre Courchesne qui impose un modèle de gouvernance qui vient changer fondamentalement, non seulement le mode de gouvernance de ces institutions, mais également l’essence même des collèges ».
Profil de la CSQ
La CSQ représente près de 170 000 membres, dont près de 100 000 font partie du personnel de l’éducation. Elle est l’organisation syndicale la plus importante en éducation au Québec. Elle est composée de ses trois fédérations du collégial, soit la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) et la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur (FPSES-CSQ). Les syndicats universitaires de la Centrale sont regroupés au sein de la Table des syndicats universitaires de la CSQ.
Renseignements :
Claude Girard
Agent d’information CSQ
Cell. : 514 237-4432
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