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17 mars 2010
Négociations dans le secteur public en Estrie Sherbrooke, le 17 mars 2010. – Près de cinq mois après avoir déposé ses demandes au gouvernement, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a de moins en moins d’espoir d’en arriver à une entente satisfaisante pour le 31 mars. « Nous continuons de faire les efforts nécessaires, mais la partie patronale s’entête à vouloir sabrer dans les conditions de travail des employés de l’État », a commenté aujourd’hui en conférence de presse le président de la CSQ, M. Réjean Parent. « Et nous n’accepterons jamais de règlement qui mettrait en péril la qualité de vie de nos membres et la qualité des services rendus aux citoyens du Québec ».
M. Parent a fait ces déclarations dans le cadre d’une tournée du Québec au cours de laquelle il fait le point sur les négociations dans le secteur public. Il était accompagné pour l’occasion de :
· M. Richard Bergevin, président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie ;
· M. Michel Laliberté, président du Syndicat des professionnelles et professionnels des commissions scolaires de l’Estrie ;
· Mme Renée Bibeau, présidente du Syndicat du personnel technique et administratif de la CSRS ;
· Mme Isabelle Déry, présidente du Syndicat des professionnelles et professionnels du Collège de Sherbrooke ;
· M. Fernand Grenier, représentant de l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec CSQ.
Des offres insatisfaisantes pour les employés de l’État… et pour la population
Les offres déposées par le gouvernement sont insatisfaisantes à tous les niveaux, selon Réjean Parent, notamment au niveau salarial : « Quand on considère les hausses projetées du coût de la vie, ces offres sont synonymes d’appauvrissement pour les employés de l’État. Des employés qui, rappelons-le, ont déjà un retard à rattraper sur le privé en termes de conditions salariales. »
Rappelons que le gouvernement offre une hausse annuelle moyenne du salaire des employés de l’État de 1 % sur les cinq prochaines années. Pour les deux prochaines années, le gouvernement offre de majorer ce salaire de 0,5 % et 0,75 % alors que les hausses prévues du coût de la vie sont respectivement de 1,7 % et 2,1 %.
Mais au-delà des seules offres salariales, c’est l’ensemble des dépôts patronaux qui sont à rejeter. « Notre gouvernement s’est amené à la table de négociations avec une approche bêtement comptable qui ne tient aucunement compte des besoins de la population et de la façon dont nous allons rendre les services aux Québécoises et aux Québécois au cours des 5 prochaines années », dénonce Réjean Parent.
Les systèmes d’éducation et de santé, par exemple, ont cruellement besoin de moyens. Il faudrait notamment investir 700 millions $ dans le seul réseau scolaire pour que le Québec atteigne la moyenne canadienne, et 300 millions $ dans le réseau collégial. Il y a aussi pénurie notoire de main-d'œuvre dans le réseau de la santé et des services sociaux.
Selon Réjean Parent : « On veut faire porter le poids de la qualité des réseaux sur le personnel, on ne se gêne pas pour leur donner de multiples objectifs ambitieux, mais d’une part, on sabre dans leurs conditions de travail et, d’autre part, on ne leur accorde aucune ressource pour réussir. »
En Estrie, la CSQ attend toujours
Dans la région de l’Estrie, les représentants syndicaux voient l’échéance du 31 mars approcher à grands pas et ils attendent toujours de voir quelles mesures le gouvernement proposera pour corriger les problématiques.
Dans le domaine de l’enseignement par exemple, au lieu de chercher à mettre en place des clauses pour trouver des coupables lorsque les élèves ne réussissent pas, le gouvernement devrait plutôt diminuer le nombre d’élèves par classe, mettre en place des services adéquats pour les élèves en difficulté d’apprentissage et diminuer la précarité d’emploi chez les enseignantes et enseignants. « Des mesures qui seraient beaucoup plus propices à la réussite des enfants », selon Richard Bergevin.
De multiples autres problèmes de condition et d’organisation du travail sont présents sur le territoire et se traduisent par une baisse de la qualité des services aux citoyens, comme par exemple :
Pour faire pression sur le gouvernement, les syndiqués CSQ de l’Estrie participeront, samedi prochain à Montréal, à une manifestation regroupant des membres du Front commun qui regroupe 475 000 fonctionnaires et professionnels du gouvernement, et travailleuses et travailleurs syndiqués des réseaux de la santé, de l’éducation et de quelques autres organismes gouvernementaux.
Une issue conflictuelle ?
Puisque l’écart entre les offres patronales et les demandes syndicales est énorme et que la forme des dépôts patronaux n’est pas de nature à favoriser une négociation rapide, la CSQ commence à douter que l’on puisse en arriver à une entente dans l’échéancier prévu, soit pour le 31 mars.
« Pour nous, cette date est une échéance, mais elle n’est pas sacrée », souligne le président de la CSQ. « Le gouvernement déclare publiquement qu’il veut un règlement rapide, sans conflit et sans décret. Mais son comportement aux tables de négociations est tout autre. S’il veut vraiment régler dans l’harmonie, il est temps qu’il fasse montre d’un peu de bonne volonté », conclut M. Parent.
Profil de la CSQ
La CSQ représente plus de 170 000 membres, dont près de 100 000 font partie du personnel de l’éducation. Elle est l’organisation syndicale la plus importante en éducation au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications. Dans la région de l’Estrie, la CSQ représente plus de 13 000 membres, dont plus de 6 000 dans le secteur public.
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