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05 octobre 2009
Journée mondiale des enseignants La Journée mondiale des enseignants, qui se tient chaque année le 5 octobre, célèbre l’anniversaire de la signature de la Recommandation concernant la condition du personnel enseignant adoptée par l’UNESCO en 1966. Cette recommandation apparaît d’actualité, puisque plusieurs partenaires du monde de l’éducation cherchent à valoriser la profession enseignante. Mais, au-delà des discours, que fait-on vraiment ?
Prenons le temps de regarder les différentes facettes du travail enseignant. Que font réellement les enseignantes et enseignants durant tout ce temps passé avec leurs élèves ? Bien sûr, ils enseignent le programme officiel, mais ils le font en choisissant des moyens visuels et sonores d’actualité qui stimuleront ces derniers ; en reformulant dans un langage adapté, concret, imagé pour que chacun s’y reconnaisse ; en lisant sur les visages les interrogations, les doutes, le découragement ; en attirant l’attention sur les faits marquants, les concepts importants. Et quand les élèves sont partis à la maison, ces mêmes personnes retournent à leurs cahiers pour préparer le contenu du prochain cours, trier les exercices appropriés, corriger les copies, etc.
Le temps et l’énergie que les enseignantes et enseignants mettent dans leur travail, les choix qu’ils font et les actions qu’ils accomplissent vont au-delà du savoir théorique des manuels et des modes pédagogiques. Ce savoir spécifique, difficile à cerner, ne se résume pas à la maîtrise de sa discipline et à une facilité à communiquer. L’enseignement est plus complexe. C’est un travail interactif, sur et avec l’humain. C’est un travail de conviction, de valeurs, de réflexion. C’est un travail qui nous suit partout, parce qu’on y met une grande part de nous-mêmes.
Les enseignantes et enseignants s’engagent entièrement dans leur travail et ils sont d’autant plus remarquables qu’ils enseignent souvent dans des conditions difficiles, que ce soit les élèves en difficulté d’apprentissage, la violence verbale et parfois physique qui nuit au climat de classe ou, encore, les écarts importants entre les élèves de la classe. Comment accepter le sentiment d’impuissance que témoigne le personnel enseignant devant le peu de moyens dont il dispose pour amener les élèves vers la réussite ? Il faut croire en ce que l’on fait pour persévérer dans ce métier.
Différentes enquêtes confirment que la tâche des enseignantes et enseignants est de plus en plus lourde. Cet alourdissement est particulièrement constaté dans le travail hors classe, par exemple pour siéger aux comités et aux lieux de décision, pour organiser des campagnes de financement, pour mettre en place de nombreux plans d’action ou pour accomplir des tâches bureaucratiques. Selon Claude Lessard, ces tâches « énergivores et consommatrices de ressources […] expliquent l’essoufflement des enseignants et le discours sur l’alourdissement de la tâche. Le cri du cœur de plusieurs à l’effet que l’école et ses travailleurs ont besoin d’oxygène exprime le sentiment de surcharge et d’impossibilité de répondre à toutes les demandes et à toutes les attentes[1]. » On demande aux enseignantes et enseignants de tout accomplir, y compris ce qui relève davantage de la famille et de la société que de l’école. De plus, on fixe la barre très haute, sans leur donner les moyens de l’atteindre.
Les enseignantes et enseignants sont tous les jours sur la ligne de feu. Il est impératif et urgent de valoriser leur travail, notamment en tenant compte de leurs opinions, en respectant leur autonomie professionnelle, en leur donnant tous les outils pour accomplir leur travail et en leur permettant d'exprimer leur jugement et leur créativité professionnelle dans leur travail. En considérant les enseignantes et enseignants pour ce qu’ils sont, de véritables professionnels, on enverra le signal que l’éducation est une réelle priorité.
Manon Bernard, présidente,
Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ)
Gaétan Bell, président
Fédération des Association de Musiciens Éducateurs du Québec (FAMEQ)
Lynda Berthiaume, présidente
Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR)
Francine Boily, présidente
Association d’éducation préscolaire du Québec (AÉPQ)
Daniel Charest, président
Association québécoise des éducatrices et éducateurs en arts plastiques (AQÉSAP)
Huguette Faille, présidente
Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec (CPIQ)
Jacques Jacob, président
Groupe des responsables en mathématique au secondaire (GRMS)
Laurent Lamontagne, président
Société des professeurs d’histoire du Québec (SPHQ)
Serge Laurendeau, président
Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ-QPAT)
Gaston Leclerc, président
Association québécoise d’information scolaire et professionnelle (AQISEP)
Stéphan Lenoir, président
Association québécoise des enseignantes et enseignants du primaire (AQEP)
Mario Morin, président et directeur général
Association québécoise des utilisateurs de l’ordinateur au primaire et au secondaire (AQUOPS)
Lise Proulx, présidente
Association québécoise pour l’enseignement en univers social (AQEUS)
Mario Sévigny, président
Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec (FÉÉPEQ)
Micheline Shinck, présidente
Société pour la promotion de l’enseignement de l’anglais langue seconde au Québec (SPEAQ)
[1] Claude Lessard, Réformes en éducation, condition enseignante et métier enseignant : un point de vue nord-américain, Communication au colloque du CSFEF, 13 juin 2008.
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